« Pharmaciens Prévention Vaccination » est un programme d’optimisation de la couverture vaccinale chez l'adulte centré autour d’actions de sensibilisation à l’officine répétées.
Pourquoi un programme sur la vaccination ?
Parmi les 100 objectifs de santé annexés à la loi de santé publique de 2004i, l’objectif 42 relatif aux Maladies à prévention vaccinale relevant de recommandations de vaccination en population générale visait d’atteindre ou maintenir (selon les maladies) un taux de couverture vaccinale d’au moins 95% aux âges appropriés en 2008. Cet objectif est loin d’avoir été atteint chez l’adulteii. En effet, si plus de 90% des adultes ont reçu une vaccination diphtérie-Tétanos-Polio (dTP), tous ne sont pas à jour de leur vaccination : une étude de 2002 montre que 40% de la population adulte ne serait pas correctement protégée par cette vaccination dTPiii. Pour les autres vaccinations, les taux de personnes vaccinées restent faibles.
Pour la coqueluche, la couverture vaccinale chez l’adulte semble particulièrement faible et était estimée à environ 2%iv en 2006. De plus, la vaccination contre la coqueluche ne serait faite que dans 35 % des cas aux patients susceptibles de devenir parents, 30 % lors du début d’une grossesse et 25 % lors de la première consultation dans le post-partumv.
Or la coqueluche est une maladie toujours d’actualité et aux conséquences graves chez le jeune nourrissonvi. En effet, la coqueluche est la première cause de décès par infection bactérienne communautaire chez le nourrisson entre 10 jours de vie et 2 mois et la 3ème cause de décès par infection bactérienne, tous âges confondusvii. De plus, dans 80% des cas, la contamination est faite par l’entourage (55% par les parents, 24% par la fratrie)viii chez les enfants de moins de 6 mois.
Cette situation préoccupante a conduit en 2008 le Haut Conseil de Santé Publique à actualiser les recommandations concernant cette vaccination et à les rendre plus facilement applicables. Incluses dans le calendrier vaccinal 2009ix, elles réaffirment notamment l’intérêt de la stratégie du cocooning (vaccination des adultes ayant un projet parental, mise à jour des vaccinations de l’entourage familial à l’occasion d’une grossesse, adulte en charge de la garde des nourrissons au cours de ses six premiers mois de vies y compris les grands parents gardant occasionnellement leurs petits enfants) qui devrait être facilitée par l’abaissement à 2 ans de l’intervalle entre 2 vaccins contenant les valences diphtérie tétanos.
Surtout, en complément de cette stratégie, l’administration d’un vaccin tétravalent diphtérie tétanos coqueluche poliomyélite (dTcaP) est à proposer à l'adulte n’ayant pas reçu de vaccin anticoquelucheux depuis plus de 10 ans, notamment à l’occasion du rappel décennal dTP à l’âge de 26-28 ans.
Quels sont les objectifs spécifiques de
« Pharmaciens Prévention Vaccination » ?
Ce programme poursuit deux objectifs principaux :
- Augmenter la couverture vaccinale des maladies infectieuses à prévention vaccinale chez l'adulte, en se focalisant prioritairement sur la vaccination diphtérie tétanos coqueluche poliomyélite (dTcaP). En fonction de la période de l’année, un focus pourra également être fait sur d’autres vaccinations (vaccination contre la grippe saisonnière, vaccinations du voyage, ...).
- Evaluer l’impact d’un programme de prévention à l’officine sur l’amélioration des couvertures vaccinales.
Le programme vise également l’atteinte des objectifs secondaires suivants :
- Sensibiliser le public à l’intérêt de la vaccination (bénéfice individuel / bénéfice collectif)
- Améliorer la connaissance par les adultes de leur statut vaccinal
- Développer les connaissances et le rôle de conseil du pharmacien dans la prévention vaccinale
i Loi ordinaire 2004-806 du 09 août 2004 relative à la politique de santé publique, Journal officiel "Lois et Décrets" 185 du 11 août 2004, page 14277, texte n° 4.
iiMinistère du travail, des relations sociales et de la solidarité. « Objectif 42 – Couverture vaccinale de la population » L’état de santé de la population en France - Indicateurs associés à la loi relative à la politique de santé publique - Rapport 2007. Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), janvier 2008. Disponible à partir de : URL : http://www.sante.gouv.fr/drees/santepop2007/objectifs/03-obj-42.pdf
iiiBeytout J., Denis F., Allaert F.A., Description du statut vaccinal de la population adulte française, Médecine et maladies infectieuses 32 (2002) 678-688
ivAvis du Haut conseil de la santé publique relatif aux recommandations vaccinales contre la coqueluche. Séance du 19 mars 2008. Disponible à partir de l’URL : http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/cshpf/avis_080319_coqueluche.pdf (Enquête réalisée entre juin et octobre 2006 par 41 pédiatres d’ACTIV dans la région parisienne sur 127 parents)
vAvis du Haut conseil de la santé publique relatif aux recommandations vaccinales contre la coqueluche. Séance du 19 mars 2008. Disponible à partir de l’URL : http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/cshpf/avis_080319_coqueluche.pdf. (Enquête réalisée auprès de 284 médecins généralistes en 2007) Pour rappel, ces vaccins sont non recommandés pendant la grossesse.
viGrimpel E., La coqueluche en pratique en 2007, Archives de pédiatrie, 2007,14, 306-309
viiRapport relatif à la conduite à tenir devant un ou plusieurs cas de coqueluche – 5 septembre 2008. Haut Conseil de la Santé Publique : www.sante.gouv.fr
viiiBonmarin I, « La coqueluche: collecte de données et choix des stratégies vaccinales », Médecine et Maladies Infectieuses, 2009, 39, 271-277. Méthodologie de l’étude : le réseau Renacoq coordonnée par l’InVS surveille les coqueluches pédiatriques vues à l’hôpital et l’impact des stratégies vaccinales sur le nourrisson depuis avril 1996. La collecte des résultats de coqueluche s’effectue dans 43 hôpitaux du réseau répartis sur l’ensemble de la métropole. De 1996 à 2007, 1882 cas chez les nourrissons âgés de moins de 6 mois ont été documentés et la source de contamination dans l’entourage du malade a été retrouvée dans 1 cas sur 2.
ixCalendrier vaccinal 2009 – Avis du Haut conseil de la santé publique. Bulletin épidémiologique hebdomadaire n°16-17 du 20 avril 2009. Consultable sur le site de l’InVS : http://www.invs.sante.fr/beh